L’administration Trump a pris une décision significative en matière de politique migratoire le vendredi 28 novembre. À la suite d'une attaque qui a coûté la vie à une militaire à Washington, la Maison Blanche a suspendu toute décision liée à l’octroi de l’asile aux États-Unis. Cette décision marque un tournant dans la manière dont les autorités américaines vont gérer la migration, notamment en provenance d'Afghanistan et d'autres pays jugés préoccupants.
EN BREF
- L’administration Trump durcit sa politique migratoire après une attaque à Washington.
- Suspension de l'octroi d'asile jusqu'à des vérifications approfondies.
- Plus de 116 000 Afghans détenteurs de la carte verte concernés par les nouvelles mesures.
Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, un Afghan de 29 ans arrivé aux États-Unis en 2021, a été inculpé d’assassinat. La justice fédérale envisage de demander la peine de mort contre lui. Cette tragédie a été utilisée par Donald Trump et ses conseillers pour renforcer encore plus leurs mesures migratoires. Le directeur des services d’immigration, Joseph Edlow, a annoncé sur X que ce gel des décisions d’asile était une réponse directe à l'événement tragique qui a frappé la capitale américaine.
Cette suspension s’inscrit dans un contexte où l'administration Biden avait déjà limité le nombre de réfugiés acceptés à 100 000 par an, contre 7 500 sous l'administration Trump. Ces chiffres témoignent d’un changement profond dans les priorités migratoires américaines, reflétant les préoccupations sécuritaires mises en avant par Trump.
Un État d'urgence migratoire
Le département d'État a également décidé de suspendre la délivrance de visa à toute personne demandant avec un passeport afghan. Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a justifié cette décision en déclarant que « les États-Unis n’ont pas de plus grande priorité que la protection de notre nation et de notre peuple ». Ce cadre légal serré soulève plusieurs questions éthiques et humanitaires, notamment sur le sort des Afghans qui fuient des conditions de vie critiques.
Les implications de la décision
Le mobile de l'attaque demeure flou. Rahmanullah Lakanwal avait servi aux côtés de l'armée américaine en Afghanistan. Ce fait complique le discours sur l'immigration et l'intégration des réfugiés en difficulté. L’enquête révèle qu'il vivait, avec sa famille, dans l’État de Washington avant de se rendre à Washington D.C. pour commettre son acte. Il aurait tiré sur deux militaires de la garde nationale avec un revolver, un acte considéré par les autorités comme une « embuscade ». La jeune militaire, Sarah Beckstrom, a succombé à ses blessures, tandis qu'Andrew Wolfe, 24 ans, se bat pour sa vie.
Une politique migratoire en pleine révision
Peu après l’attaque, Trump a affirmé qu’il empêcherait « l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde ». Ainsi, l’administration a annoncé un examen rigoureux des permis de résidence permanente, les fameuses cartes vertes, pour les ressortissants de 19 pays jugés préoccupants, y compris l’Afghanistan, Haïti, l’Iran et le Venezuela. Selon les dernières données, plus de 1,6 million de détenteurs de cartes vertes proviennent de ces pays, dont plus de 116 000 d'Afghanistan.
Cette séquence d’événements s’inscrit dans un contexte où plus de 190 000 Afghans ont été accueillis aux États-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, dans un effort de sauvetage conduit par l'administration Biden, mais qui est maintenant remis en question.
Il est manifeste que les décisions politiques actuelles modifient non seulement la perception de l’immigration, mais aussi la vie de milliers de personnes en quête de sécurité et de protection aux États-Unis. Les enjeux migratoires se complexifient, et cela soulève des interrogations essentielles sur la manière dont les États-Unis envisagent leur rôle sur la scène internationale et leur engagement humanitaire envers les réfugiés.