Home ActusNews Donald Trump propose un plan de paix pour l'Ukraine, un défi pour l'Europe.

Donald Trump propose un plan de paix pour l'Ukraine, un défi pour l'Europe.

by Matthieu Dourtou
Trump's Peace Proposal for Ukraine: A New Challenge for Europe.

Le Plan de Paix de Trump : Un Coup de Froid pour l'Europe

Ce mardi, l'annonce du plan de paix de Donald Trump pour l'Ukraine a provoqué un séisme sur la scène diplomatique européenne. Si l'intention de l'ex-président américain était de désarçonner les Européens, force est de constater qu'il a atteint son objectif. En effet, les 28 points de son mémorandum heurtent de plein fouet les efforts de l'Union européenne et de ses alliés pour soutenir l'Ukraine face à l'agression russe.

EN BREF

  • Le plan de Donald Trump contredit les initiatives européennes de soutien à l'Ukraine.
  • Cinq propositions clés du mémorandum de Trump suscitent des inquiétudes majeures au sein de l'Union européenne.
  • Les discussions à Genève seront cruciales pour tenter d'infléchir ce plan contesté.

Les réactions indignées des diplomates européens témoignent de leur choc face à ce projet. Le contenu du plan, élaboré en secret par Steve Witkoff et Kirill Dmitriev, est perçu comme un défi direct aux démarches visant à renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe face à l'impérialisme de Vladimir Poutine.

Parmi les dispositions les plus controversées, cinq points suscitent particulièrement l'inquiétude des pays européens. La majorité des États estiment que ces propositions révèlent un mépris flagrant de Donald Trump pour les préoccupations de sécurité du Vieux continent.

Tout d'abord, le plan interdit le stationnement de troupes de l'OTAN en Ukraine, ce qui rendrait obsolètes des efforts communs comme la "Coalition des volontaires". Cette initiative, lancée par la France et le Royaume-Uni cet été, vise à établir une force de re-assurance pour surveiller le respect éventuel d'un cessez-le-feu. L'adoption de ce mémorandum rendrait cet objectif inaccessible.

Ensuite, le projet de Trump pourrait compromettre l'octroi d'un prêt majeur à l'Ukraine basé sur les actifs russes gelés en Europe, estimés à environ 200 milliards de dollars. Ce dernier établirait que 100 milliards de dollars seraient investis sous l'égide des États-Unis pour la reconstruction, tandis que Moscou verrait ses avoirs restitués sans avoir à verser de réparations pour les dommages causés.

Autre point de tension, le plan semble suggérer que certaines territoires ukrainiens, occupés par les forces russes, pourraient être considérés comme intégrés à la Fédération de Russie, légitimant ainsi une modification de frontières par la force. Cela va à l'encontre des principes posés par des accords fondateurs de la sécurité en Europe, comme la Charte de Paris de 1990 et les accords d'Helsinki de 1975, qui prohibent de telles actions.

La proposition de désarmement partiel de l'Ukraine, limitant ses forces armées à 600 000 hommes, interroge également. Cela va à l'encontre des recommandations européennes qui préconisent un renforcement militaire pour dissuader d'éventuelles agressions futures, notamment des pays voisins comme les États baltes.

Enfin, le plan ambigu sur l'engagement américain dans l'OTAN présente Washington comme un "médiateur" entre Moscou et l'Alliance. Une position qui suscite des interrogations quant à l'engagement des États-Unis envers leurs alliés, D'autant plus que, durant son premier mandat, Trump avait déjà menacé de quitter l'OTAN.

Pour l'heure, les dirigeants européens et d'autres alliés (Royaume-Uni, Norvège, Canada, Japon) ont réagi avec retenue lors du G20 à Johannesburg. Ils ont reconnu le mémorandum comme point de départ de discussions mais ont réaffirmé que les frontières ne peuvent être modifiées par la force. Les discussions prévues à Genève seront cruciales pour tenter de réorienter ce plan qui inquiète tant.

Vous aimerez aussi